La campagne des ratios DLR qui mesure les tendances économiques et financières des secteurs Location, Distribution et Manutention en analysant des indicateurs spécifiquement construits pour ces activités est dorénavant disponible. 106 entreprises ont participé à l’étude de NEO Engineering, dont 48 entreprises de location, 39 de distribution et 19 de manutention.
La reprise de la croissance du chiffre d’affaires caractérise l’année 2010.
La chute du chiffre d’affaires en 2009 a été brutale mais la reproduction du scénario en 2010 est évitée. Mieux, la campagne des ratios montre à certains endroits que la crise aura assaini les structures de bilan par un désengagement financier découlant de cessions d’actifs ou de remboursements d’emprunts.
Il reste du phénomène de 2009 un changement apparent des pratiques, entraînant une porosité accrue entre les métiers de la Distribution et de la Manutention. Les ventes de matériel neuf restent difficiles à réaliser ; on vend du matériel d’occasion, des pièces détachées, on répare davantage du matériel appartenant au client. Cette nouvelle configuration de la valeur apportée au marché semble moins valorisante que de vendre du matériel neuf. Pour autant, il serait incorrect de n’y voir qu’une activité de substitution car, dans l’ensemble, elle a permis de préserver les ratios de rentabilité.
Dans la Location, le bilan est plus mitigé, en raison de la baisse de la rentabilité économique, et, par voie de conséquence, de la rentabilité nette dans les grandes entreprises. En effet, on observe globalement une hausse des charges d’exploitation. Les cessions de matériel en parc ont entrainé des plus values qui représentent la totalité du résultat net comptable. Un tel scénario a permis de préserver a minima la rentabilité nette et d’assainir le bilan, mais on peut s’interroger sur les effets à long terme d’un désengagement du matériel en parc, rendu nécessaire, certes, par la crise mais aussi par une politique d’investissement sans doute trop audacieuse jusqu’en 2008.
En regardant de plus près les marges nettes et les structures de bilan, on peut néanmoins avancer que les métiers ont passé ce cap difficile sans trop de dégâts : les fonds propres restent au-dessus du cap des 30% du bilan, même après affectation des résultats négatifs de 2009.
Les entreprises qui ont connu ou connaissent aujourd’hui de grandes difficultés à maintenir leur activité ou leur existence trouveront ce constat un peu élogieux.
Il est donc important de tempérer l’analyse des ratios en examinant les dispersions autour de la moyenne, c’est-à-dire comment, individuellement, les entreprises se placent par rapport à cette moyenne.
Cet examen montre une disparité importante de l’échantillon (autour de la moyenne), signifiant que de bons résultats en cachent en fait de bien moins bons. On peut observer qu’environ la moitié des entreprises dans la Distribution et la Manutention a quand même connu une baisse de chiffre d’affaires en 2010, soit de 44% pour la Distribution et de 58% pour la Manutention. Et une part non négligeable des entreprises subit encore une perte nette.
Ceci peut augurer d’un changement structurel du secteur qui se manifeste potentiellement par des cessations d’activité, des fusions ou absorptions d’entreprises. Or, quand une entreprise cesse son activité ou change de nom, certains clients se perdent ou font autrement. Une des conséquences moins visibles de la crise de 2009 est donc à terme un risque de perte de valeur sur l’ensemble des métiers.
Dans la Location et la Distribution, on remarque des différences de résultats d’analyse des ratios selon que l’entreprise soit petite, moyenne ou grande. Par exemple, dans la Distribution, les petites entreprises ont une progression de chiffre d’affaires plus importante que les moyennes ou grandes, mais leurs ratios de rentabilité sont moins bons.
Dans l’ensemble, la campagne des ratios 2010 livre de meilleurs résultats. Sans entrer dans le détail s’agissant des questions relatives au « retour à la croissance », « prudence au niveau des investissements », « rentabilité économique et financière des entreprises », « stabilité des fonds propres » ou encore « endettement » consultables dans l’enquête de NEO Engineering, il ressort que les indicateurs sont encourageants pour des entreprises qui, dans l’ensemble, ont fait face au creux vertigineux de 2009 sans que leur profil économique et financier ne s’en trouve durablement endommagé. Néanmoins, un examen individuel des résultats devrait maintenir les métiers en alerte, d’une part pour affronter une hypothétique rechute de l’activité, et d’autre part pour rester attentif au changement structurel du secteur, en termes de composantes de l’activité et de nombre d’entreprises.