La manutention a plus d'un robot en stock

Les solutions de robotique de gestion des stocks se multiplient sur le marché de la manutention. Magasiniers autonomes, robots préparateurs de commandes, exosquelettes… Au-delà de la science-fiction, ils débarquent dans les entrepôts aux quatre coins du globe

22,1 milliards de dollars. C’est le montant que devrait atteindre le marché mondial du robot d’entrepôt d’ici fin 2024, selon l’étude Global Warehouse Robotics Market Outlook 2024 du cabinet américain MarketInsightsReports publiée en août 2017. Soit une hausse annuelle de 7,4% depuis 2016. Et pour cause, le secteur est en pleine euphorie. En attestent les multiples levées de fonds bouclées début 2018 par de nombreuses start-ups spécialisées.


Le robot Chuck de 6 River Systems guide le travailleur dans l’entrepôt et porte les charges à sa place / Crédit : 6 River Systems

Parmi elles, 6 River Systems, qui, après les tout aussi impressionnants tours de table de 25 millions de dollars chacun de ses concurrents Locus Robotics en novembre 2017 et Fetch Robotics un mois plus tard, a à son tour attiré les projecteurs des observateurs de la tech en levant 25 millions de dollars en avril. D’après le magazine spécialisé français LSA le magazine spécialisé français LSA, une trentaine de sites auront adopté sa solution d’ici fin 2018, soit 600 robots en circulation. Chuck, son magasinier autonome sur roulettes, guide les manutentionnaires jusqu'au paquet qu'ils doivent récupérer et collecte des données sur leur productivité grâce à une série de capteurs. Il est aussi capable de former les nouveaux collaborateurs et d’interagir avec eux notamment grâce à la tablette tactile dont il est équipé.

Il y a les robots qui accompagnent les humains mais aussi ceux qui ne font qu’un avec eux, à l’image des exosquelettes de Sarcos Robotics. L’entreprise américaine spécialisée dans la biomécatronique a été choisie par l'armée des États-Unis pour concevoir le premier exosquelette motorisé à usage militaire en 2006 et en prépare une version destinée aux professionnels de la manutention. La firme prévoit son lancement outre-Atlantique pour 2019. Cette technologie devrait, selon Sarcos Robotics, permettre de réduire considérablement les blessures et accidents au travail. Chaque année ils coûtent plus de 60 milliards de dollars au pays selon l’U.S. Bureau of Labor Statistics.


L’exosquelette de Sarcos Robotics permet à n’importe quel employé de transporter 90 kilos sans effort particulier / Crédit : Sarcos Robotics

Autre tendance : les robots qui remplacent l’humain. Le fleuron chinois du e-commerce Alibaba s’est ainsi doté de smart warehouses, ou entrepôts intelligents, où les chariots robotisés réalisent 70% du travail. Ils peuvent porter jusqu’à 500 kilos de marchandises et disposent de capteurs intelligents pour éviter toute collision entre eux. Ils peuvent aussi être commandés à distance via le réseau Wifi et se déplacent en toute autonomie vers la station de recharge quand ils sont à court de batterie. 5 petites minutes de charge garantissent 4 à 5 heures de fonctionnement. Dès 2012, son principal concurrent, le géant américain de la vente en ligne Amazon, a acheté pour 775 millions de dollars – sa deuxième plus importante acquisition de son histoire –  le spécialiste américain des robots d’entrepôt Kiva Systems, devenu Amazon Robotics en 2015, pour équiper lui aussi ses entrepôts de magasiniers autonomes.

Outre le transport, TGW Logistics Group, fournisseur mondial de solutions intralogistiques, va encore plus loin et a présenté au salon LogiMat de Stuttgart en mars 2018 un robot préparateur de commandes au détail. Particulièrement destiné à l'e-commerce, il permet une préparation automatisée des colis quelle que soit le type d'emballage, rigide ou souple (sachets pour vêtements, boîtes ou produits alimentaires en conserve). Il est aussi capable de corriger les erreurs et de gérer les évènements imprévus sans interrompre le flux de marchandises. 500 lignes de commandes par heure peuvent être traitées chaque heure par ce système complètement autonome.

Si aujourd’hui les marchés les plus actifs en termes de robotique appliquée à la logistique sont l’Asie-Pacifique et les Etats-Unis selon l’étude Global Warehouse Robotics Market Outlook 2024, ces technologies traversent rapidement les frontières et font des émules dans toutes les industries.