7406 défaillances d’entreprises au 1er trimestre 2021
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Dans son communiqué de presse du 14 avril dernier, le Groupe Altares, expert de l’information sur les entreprises, dévoile les chiffres des défaillances d’entreprises en France au 1er trimestre 2021. Eloquent !

Avec 7406 procédures collectives ouvertes, soit une baisse de 32,1% par rapport au 1er trimestre 2020, le niveau général des défaillances reste exceptionnellement bas. Le mois de mars marque cependant un véritable point d’inflexion, tant sur le rythme des ouvertures de procédures que sur leur physionomie, puisque 79 % des jugements mènent désormais à la liquidation de l’entreprise. Un niveau jamais atteint en 20 ans. 

Pour Thierry Millon, directeur des études Altares: « Après avoir atteint leur plus bas niveau en 30 ans fin 2020, le nombre de procédures continue de reculer fortement au premier trimestre 2021(-32,1%). Le mois de mars pourrait cependant constituer un point de bascule. D’abord sur le changement de rythme des ouvertures de procédures, attendu mais impressionnant. Sur les deux premières semaines de mars, les défaillances d’entreprises sont en très fort recul (-48 %), mais sur les deux suivantes elles explosent de 155 % comparées à la même période de 2020, qui marquait le début du confinement, le gel des cessations de paiement, la fermeture des juridictions et donc la suspension temporaire des audiences. » C’est aussi en mars qu’émergent des chiffres concrets sur la détresse de centaines d’entreprises qui se trouvent en cessation de paiement, en dépit des dispositifs de soutien publics. Car désormais, 8 entreprises sur 10 qui se présentent devant les tribunaux sont directement liquidées, un taux jamais atteint depuis 20 ans.  

Seulement 170 procédures de sauvegardes (-26,7%) ont été ouvertes, pour 1 493 entreprises placées en redressement judiciaire. Un nombre en très fort retrait (-51,2%), deux fois plus rapide que celui des liquidations judiciaires directes (5 743 ; -24,5%). Les mois de janvier (-35%) et février (-45%) démontrent une baisse très importante du nombre de procédures ouvertes, alors que le mois de mars (-13%) amorce un changement de rythme. Si la première quinzaine du mois s’inscrivait dans la même tendance que février (-48 %), la seconde présente une augmentation impressionnante de 155 % par rapport à la même période en 2020. Une tendance d’autant plus marquée du côté des liquidations judiciaires directes (+211 %).

Le taux des liquidations directes s’accélère en effet en ce début d’année. Il dépasse désormais 77% des jugements sur le premier trimestre et atteint même 79% en mars, une donnée qui illustre la très grande fragilité de nombreuses structures. 

Le nombre d’emplois menacés tombe juste sous le seuil des 30 000 mais représente encore en moyenne 4 emplois par entreprise, amplifié par la procédure de sauvegarde engagée par le groupe de restauration Flunch, qui concerne 5000 salariés.

Les TPE durement fragilisées et les PME d’au moins 100 salariés, sont également sous tension. Ces entreprises se présentent toutefois devant le tribunal en situation financière tellement compromise que 80% d’entre elles sont placées directement en liquidation judiciaire. La situation des TPE de 3 à 5 salariés est à peine meilleure. Elles sont 939 à avoir défailli au 1er trimestre 2021(-31%) et 77 % d’entre elles ont été immédiatement liquidées. Les ouvertures de procédures collectives reculent de 40% chez les entreprises de 6 à 49 salariés et de 35% chez les PME de 50 à 99 salariés. Pour les PME d’au moins 100 salariés, la situation reste tendue : les liquidations directes sont minoritaires mais le nombre de défaillances augmente sur un an. 23 ont en effet défailli au 1er trimestre 2021, soit 6 de plus qu’il y a un an. Cependant, seules 4 d’entre elles ont été liquidées.

Bâtiment & TP : A l’instar de bien d'autres secteurs, la construction a été pour l'instant épargnée (2 003 procédures, soit -25% entre le 1er trimestre 2020 et le 1er trimestre 2021), mais plusieurs de ses segments d'activité montrent des signes de faiblesse. Globalement, le gros-oeuvre recense 612 dossiers (-29,7%), avec "une baisse remarquable" de 36% dans la construction de maisons individuelles. Dans le second-oeuvre (857 défaillances au total, -34,2%), les travaux de peinture et de vitrerie affichent pour leur part une baisse conséquente de 38%. Les travaux publics sont ceux qui s'en sortent le mieux, avec seulement 101 dépôts de bilans mais une tendance de fond qui appelle à la prudence puisque le recul n'est que de 18,5%.