Région Occitanie : Bilan de l’activité Construction en 2020 et perspectives 2021
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La pandémie de Covid-19 s’est accompagnée d’une crise économique d’une ampleur considérable dans le monde. Au final, l’économie française a connu en 2020 sa plus forte récession depuis la seconde guerre mondiale, avec une chute du PIB de 8,3% sur l’ensemble de l’année. La quasi-totalité des secteurs de l’économie a été touchée, mais de manière inégale, aussi bien sur le plan national qu’en régions. 

L’activité des entreprises industrielles en 2020 a été fortement impactée par les conséquences de la crise sanitaire. En France, le chiffre d’affaires recule de 
16% : plus de 60% des entreprises interrogées annonce une baisse d’activité. 

Sur le secteur de la Construction, au global, 66% des sociétés affichent une baisse de leur production. L’activité diminue de 7% dans le bâtiment et de 5% dans les travaux publics. Les effectifs ont en baisse de 4% avec un recul de 25% de l’intérim. L’investissement chute de 12%. Les rentabilités se dégradent pour 41% des entreprises. 

En 2021, une hausse de 6% de la production globale est pourtant attendue. La croissance dans le bâtiment serait de 7% alors que les travaux publics sont plus mesurés (+1%). Des recrutements sont annoncés (+2%). Les budgets d’investissements augmenteront légèrement (+5%).

Le secteur des travaux publics en Occitanie a été fortement impacté par le premier confinement avec un arrêt brutal de l'activité excepté pour les travaux d’urgence. Durant cette période, la commande publique a été stoppée malgré les nombreuses alertes de la Profession en direction des collectivités et des services de l’Etat. A cela est venu s’ajouter le report des élections municipales qui a engendré un retard dans la reprise de la commande publique, conduisant à une baisse historique de la production de l’ordre de 35% par rapport à 2019 (source FNTP). Conséquence, en 2020, la baisse du chiffre d'affaires pour les entreprises occitanes du secteur qui  dépendent pour 70% de la commande publique et de 30% de la commande privée, est estimée entre -10% et -15%  par rapport à l’année précédente, ceci malgré un léger sursaut de l’activité à partir du mois de septembre et jusqu’au mois de décembre mais de manière insuffisante pour relancer l'activité et l’emploi.

Le climat des affaires demeure morose sur les premiers mois de l'année 2021 mais des perspectives encourageantes sont attendues sur la fin de l'année. La visibilité, selon les chefs d’entreprises du secteur interrogés est réduite à 1 mois pour un secteur d’activité qui habituellement s’inscrit dans une visibilité de 6 à 9 mois.

Certains grands chantiers d'ampleur, comme l'autoroute Toulouse-Castres ou la troisième ligne de métro, offrent des perspectives mais pas avant 2022/2023. 
Les plus petites entreprises et les plus endettées pourraient ne pas tenir jusque-là. 

Si le plan « France Relance » a permis de lancer quelques projets, aujourd'hui son efficacité est encore trop peu perceptible. La mobilisation des collectivités locales est donc essentielle pour le redémarrage de l'activité du secteur.

Sur le volet de l'emploi, aucun licenciement n'a été effectué durant l'année 2020 avec même une évolution de +1.5% des effectifs au niveau national, les entreprises préférant garder en interne les compétences d’une main d’œuvre qualifiée en cas de reprise. Comme toujours, par temps de crise, c'est l'intérim qui a été la variable d'ajustement. Il est à noter que la FNTP s'est malgré tout engagée en faveur de l'emploi des jeunes et de l'apprentissage en annonçant l'embauche de 50 000 salariés en France, d'ici 2022 et une augmentation de 50% d'apprentis entre 2019 et 2022. En Occitanie on prévoit le recrutement de 5000 personnes d'ici à 2022 et une augmentation des effectifs d'apprentis de 50% entre 2019 et 2022.

Dans le Bâtiment, si les mêmes causes ont généralement tendance à produire les mêmes effets, il semblerait que ce secteur tire son épingle du jeu par rapport à celui des Travaux publics. En effet, le bilan 2020 du bâtiment s’avère plus positif au final, les entreprises ayant dans leur ensemble bien travaillé malgré la crise sanitaire. Elles ont bénéficié d’un regain d’activité inattendu au printemps dernier dès la fin du premier confinement, tiré par la demande des particuliers pour des travaux d’entretien-rénovation. C’est une chance compte tenu du contexte économique et sanitaire d’ensemble. Depuis septembre, la tendance s’est maintenue avec des carnets de commandes remplis. 

Néanmoins, le repli de l’activité du Bâtiment est plus important dans le gros œuvre (-12%) alors que les travaux de second œuvre diminuent de 5%. L’écart entre les deux branches s’explique par un recul important dans la construction de logements collectifs et de maisons individuelles, alors que le second œuvre bénéficie d’une demande dynamique des particuliers pour des travaux d’entretien et de rénovation. Les carnets de commandes affichent une visibilité à 6-8 mois en moyenne, confirmant la croissance de l’activité en 2021. Néanmoins, le nombre de logements mis en chantier et de permis de construire diminue. 

A fin février 2021, selon les chiffres du CERC Occitanie : 41 200 logements ont été autorisés (-16,4%) ; 38 074 logements ont été mis en chantier (-9,9%) ; 2 909 milliers /m2 de surfaces de locaux ont été autorisés (-17,6%) et 1 867 milliers/m2 mis en chantier (-17,9%).